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Le dos tourné (provisoirement) aux amis Michel Gueorguieff, Philippe Salus et Frank Membribe. |
Les clés d'un monde déserté: rencontre exclusive, à Alger, avec l'écrivain Yasmina Khadra. Article dans l'Humanité, 9 juin 2008 |  | Une balade dans la ville barbare. Article dans La Dépêche, 3 avril 2007 |  | Francis Pornon: écrire pour résister. Article dans Voix du Midi, 20 septembre 2007 |  | AZF au coeur d'un polar. Article dans La Dépêche, 3 octobre 2007 |  | | Lettre de Paul Vergès à propos de Cap au sud |  | Coup de coeur de François Darnaudet |  |  |  |
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RENCONTRESUne librairie aux champs : « Des liVres et vous » à Sarrant (Gers). Les 10 ans de la librairie "Des livres et vous" seront fêtés sur place à Sarrant (32) la fin de semaine des 3 et 4 juillet 2010.
À LA RECHERCHE DU TEMPLE PERDU (extraits). …Un jour, ma voisine m’ayant parlé d’une librairie en plein Gers, je quittai la ville rose et noire pour aller voir cette merveille. On m’aurait dit « une librairie en plein vent », que cela ne m’eût pas plus étonné. Une librairie aux champs, alors que celles de la ville ferment, quelle étrangeté !Il faut dire qu’une librairie, aux champs ou à la ville, j’entends une vraie librairie, pas un supermarché du bouquin, c’est déjà aujourd’hui une étrangeté en soi. Quoi, vous allez vous déplacer, vous aller passer du temps et de la fatigue à saisir et feuilleter des volumes qui puent l’encre, quand ce n’est pas la poussière ? Mais de quel siècle êtes-vous donc, alors qu’il est si jouissif de se fixer de nos jours devant un ordinateur ! Ah, taper sur les touches, lorgner l’écran et tripoter la souris frénétiquement, tout ceci en solitaire comme Onan !... Quand j’atteignis enfin, après maints tours et détours, un bled si perdu dans la géographie qu’il semble aussi perdu dans l’histoire. Des maisons en terre, des venelles si étroites qu’on n’y peut passer un carrosse, et pas le moindre estaminet pour éviter la mort de soif ! Et c’est alors que, je vécus la chose la plus extraordinaire. Figurez-vous qu’en plein milieu de ce bled perdu, je me trouvai soudain face à une chose étrange. Je n’en crus d’abord pas mes yeux. Une grange se dressait, béante. Et ses entrailles recélaient, je vous le donne en mille, des livres ! C’était, oui, c’était-elle, la librairie aux champs ! À la recherche du temple perdu, loin de la civilisation du bruit, de l’informatique et du marché réunis, j’atteignais enfin le but, le grésail, comme les occitans disent du graal…
ADIEU AUX MUSICIENS Parmi les musiciens avec lesquels j'ai travaillé, le mauvais sort a voulu que deux d’entre eux soient déjà décédés. Voici un hommage à chacun d’eux. À Miguel MirandaMiguel, Un des plus beaux souvenirs de ma vie, c’est d’avoir travaillé avec toi aux récitals de poésie en musique : Par-delà le grand fleuve et Chanson d’amour de loin. Nous les avons créés à Vénissieux et donnés ensemble dans toute la région durant les années quatre-vingt dix. Tu vivais ces projets avec foi et talent. Ta jeunesse, tu avais l’âge de mes filles, donnait une sorte d’estampille qui me semblait nous garantir contre le ringardisme. De toi, je ne savais que très peu. Tu m’avais raconté comment la vie t’avait déjà blessé en emportant des camarades dans un accident. Je te sentais en quête de toi parmi tout ce que tu savais et pouvais faire, prompt à rompre quand tu avais le sentiment d’être mal ou trop peu reconnu, louvoyant souvent entre tes qualités artistiques et ta volonté de gagner ta vie dans l’informatique. En beaucoup de choses tu excellais, amitié, sport, musique, peinture et je ne savais jamais vraiment où tu te trouvais. En amour aussi, je croyais le deviner malgré ta discrétion, tu as beaucoup navigué sur ton bateau ivre, te heurtant sans doute à bien des récifs. Quand tu es parti, je ne me suis guère étonné. Tu étais pour moi de la race des émigrés permanents qui se donnent à fond là où ils sont et puis un jour s’en vont. Peut-être est-ce tout simplement ce que tu viens de faire par ton dernier geste. Je regrette de n’avoir pas su te retrouver là où tu étais car nous avions encore peut-être des choses à dire et à faire ensemble. En tout cas, ce geste donne pour moi du sens. Il nous alerte un peu plus sur ce temps qui ronge insidieusement en nous l’envie de vivre. Salut Miguel, je t’aime.À Sergio Ortega :Sergio, Lorsque nous nous rencontrâmes par l’entremise de ma compagne Marianne, je n’en croyais pas mes yeux et mes oreilles, que l’auteur de la musique du fameux El pueblo unido jamas sera vencido, ayant emporté nos enthousiasmes dans les années soixante-dix, voulût bien travailler avec moi pour créer une cantate contemporaine. Le Trésor magnifique, c’est toi qui en as choisi le titre en t’emparant d’un de mes vers. Tu t’engageas dans l’histoire avec enthousiasme, ne rechignant pas à te rendre plusieurs fois dans le Lyonnais à la rencontre des chorales populaires qui allaient chanter tes notes. Avec toi, l’aventure fut lumineuse, tant tu mis d’énergie dans cette oeuvre pour voix et instruments, dont tu partageais et démultipliais la tonalité du texte « tiers-mondiste », et qui devait, voulais-tu, « faire trembler les libéraux mondialistes », comme jadis ton El pueblo unido… composé pour Salvador Allende,fit trembler les capitalistes chiliens et yankees. Tu conseillas avec patience les choristes, parfois déroutés par tes accents puissants, toi qui, ne craignant jamais de déchoir, enseignais même aux illettrés de la musique ! Et nombreux étaient ceux, et surtout celles que tu enchantais. Car tu prenais la musique à la fois comme une histoire d’amour et comme un combat de lumière. Grâce à toi, je crois que, avec les centaines de choristes du lyonnais et avec leurs chefs, nous avons adoré cette histoire et gagné ce combat. Merci, Sergio, de tous ces souvenirs et bon vent sur les routes où tu vogues sans doute pour toujours, entre Amérique et Europe, toi dont le continent était le monde entier. Sergio, nous t’avons tous aimé. Lettre posthume au guitariste Miguel-Oscar Miranda, lue à ses obsèques en 2004 par Thierry Renard (éditeur chez La Passe du vent). Sergio Ortega, chilien installé en France depuis le coup d’état de Pinochet, compositeur, notamment d’opéras comme Splendeur et mort de Joachim Murieta (texte de Neruda) et professeur au conservatoire de Pantin (93), compositeur de la musique du Trésor Magnifique, est décédé en 2003. RENCONTRE D’UN EDITEUR REFUGIÉ : BOUCHÈNE (extraits) .…Un temps vendeur de vêtements, Abderrahmane Bouchène ouvrit une librairie très en vue dans les années 80 au centre commercial algérois de Riad el Feth. Figure de proue d’une autre politique privée du livre, il éditait rien moins que des romans classiques algériens, des "Que- sais- je", des beaux livres et aussi des ouvrages politiques dont le fameux : L’Affaire Mecili qui lui a valu des difficultés avec les généraux et leurs services… La question de la langue était un véritable front où éditer en Français tenait de l’offensive et mettait à l’index. En première ligne, il a fallu, comme beaucoup d’autres intellectuels, s’échapper (en Tunisie) pour échapper un jour in extremis aux exécutions d’un intégrisme fascisant. C’est peu après qu’Abderrahmane, arrivant en France avec femme et enfants, s’est appuyé sur un réseau d’amis pour refonder en 1998 ses activités éditoriales. Un tel exil est tout sauf une défaite dans la situation de l’édition en France et sur l’échiquier méditerranéen de l’Ouest. « Il faut aller au-delà du non dit, donner aux Algériens une connaissance de soi ! » martèle-t-il, et pour cela « re-explorer la réalité de l’Algérie. » C’est ce qu’il fait, entre autres avec La Kabylie et les coutumes kabyles de Hanoteau et Letourneux, une somme en trois tomes… Parmi les ouvrages « exhumés » du patrimoine maghrébin que cet homme a la lucidité prémonitoire de ne pas laisser en pâture aux idéologues prédateurs « nationaux », on retrouve Les Chevaux du Sahara par Abdelkader… Tout un symbole, que ce gamin d’Alger, aujourd’hui établi dans une banlieue de Paris, ayant croisé Kateb Yacine préfaçant le livre d’Ismaël Aït Djafer (Complainte des mendiants arabes de la Kasbah et de la petite Yasmina tuée par son père) qu’il publia, ainsi que Charlot, son collègue d’Alger, éditeur de Lorca et découvreur de Camus. Avec des gens de cette trempe, on maintient la passion pour l’Algérie, rugueuse jusqu’à l’écorchure mais, qu’on le veuille ou non, métissage fécond. |
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