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Le dos tourné (provisoirement) aux amis Michel Gueorguieff, Philippe Salus et Frank Membribe. 

 ARTICLES
liens pour lire les articles à propos de Rêves brisés :

http://mysterejazz.over-blog.com/

http://www.k-libre.fr/klibre-ve/index.php?page=livre&id=1129


 
 lien pour écoute d'émission de radio :

« Page à page », émission de Claire Ambill sur "Radio occitania" :

http://pageapagetoulouse.free.fr





Les clés d'un monde déserté: rencontre exclusive, à Alger, avec l'écrivain Yasmina Khadra.
Article dans l'Humanité, 9 juin 2008 
 Une balade dans la ville barbare. Article dans La Dépêche, 3 avril 2007   
Francis Pornon: écrire pour résister.
Article dans Voix du Midi, 20 septembre 2007  
  AZF au coeur d'un polar. Article dans La Dépêche, 3 octobre 2007  
 Lettre de Paul Vergès à propos de Cap au sud   Coup de coeur de François Darnaudet  
  Liens 
http://www.k-libre.fr/klibre-ve/index.php?page=livre&id=1129


RENCONTRES

Une vie est jalonnée de rencontres sur une vaste solitude. Même si je ne courus jamais les opportunités au "Quartier latin", je puis citer  des rencontres littéraires, dont certaines purent influencer le cours de la vie. Au fil du souvenir, ce furent d’abord mon père, puis Jean Marcenac et Michel Cosem qui me lurent quand je débutais, Claude Duneton qui me conseilla, Jacques Albaret avec qui je fis des pièces de théâtre, François Hilsum, Claude Mazauric et Francis Combes qui m'éditèrent chez Messidor et le dernier ensuite au Temps des cerises), Thierry Renard aux éditions Paroles d’Aube, François Darnaudet et Philippe Salus avec qui je fis un bout de chemin chez Mare Nostrum, Pascal Galodé qui m’édita chez Privat puis dans ses propres éditions, Olivier Thuillas qui me prit en résidence en Limousin, Caroline Durand, conseillère à la Drac qui m’aida, Charles Silvestre et autres journalistes qui me publièrent à L'Humanité, Dany Saint-Amans qui traduisit un conte en Espagnol, Marie-Annick Bault qui publia un poème au Puits, Fred Ducom et Francis Loubatières qui éditèrent des nouvelles… A l'occasion de la publication du livre sur Boudou en Algérie, j'ai rencontré l'éditeur Jordi Blanc (Vent Terral) et retrouvé le chanteur Claude Marti... qu'on ne présente pas !

André Dion - aidé de Françoise Paran et d'Henry Migaud (Cépages d'encres) - m'a choisi pour accomplir une résidence d'auteur à Fabrezan dans l'Aude (Languedoc-Roussillon) fin 2011. A l'occasion de cette résidence, j'ai fait connaissance avec Sandrine Saint-Germès, bibliothécaire, David Samblanet, photographe, Claudine Capdeville, éditrice, Pierre Carreau, journaliste... et bien des habitants de la région. Nul doute que cela aura des suites... au moins pour le festival Son MiRé à Notre Dame début septembre.

Pardon aux oubliés, qui ne le sont pas de cœur, mais seulement dans une mémoire trop pleine ! D’autres rencontres sont aussi marquantes:

POUR LA POÉSIE
(soirée du jeudi 3 novembre 2011 à la Librairie de la Renaissance)

            Merci à toutes celles et ceux qui étaient présents, quelques dizaines d’ami(e)s, parmi lesquels « du beau monde » en matière de culture : les poètes chanteurs Bruno Ruiz et Gilles Méchin, la cantatrice Nicole Fournié, Caroline Durand de la Drac, Claude Mesplède, président de Toulouse-Polars du sud, Patrick Bernabé, Vice-Président de Cinespaña, Dany Saint-Amans du Conseil d’administration du Secours Populaire, et encore divers responsables d’associations et de structures (bibliothécaires, etc.)
          
Mon récital de textes personnels accompagnés au piano par Alain Bréheret, sembla très apprécié si j’en juge par les réactions exprimées, et des auditeurs s’étonnèrent que je chante certaines parties (pas mal du tout, semble-t-il !). Ces textes étaient tous extraits du recueil en manière d’anthologie : Par-delà le Grand-fleuve (en vente à la librairie de la Renaissance).
            Gilbert Baqué, poète de valeur, a remarqué que mes textes, se référant aux troubadours dans le contenu mais aussi dans la forme (dite et chantée), contribuent à tout un courant poétique traditionnel, particulièrement dans notre culture sudiste.
            L’éditeur Thierry Renard (La Passe du vent), également militant culturel dans l’Est, ajouta qu’ils peuvent avoir quelque chose d’une « poésie de la Résistance », trop oubliée en France, et lança un vibrant plaidoyer qui emballa l’assistance pour la poésie, passion de vivre et enthousiasme aujourd’hui.
            Le plus fort fut peut-être encore l’échange provoqué par Emile Ochando, parlant au nom de la librairie, à propos de l’importance de militer pour la poésie de nos jours où le marché la relègue en marge d’une production livresque plus « rentable ».     Plusieurs voix ont même proposé de contribuer à ce que soit pris en charge « Le Printemps des poètes » à Toulouse.
            Une soirée passée pleine d’avenir ???

RENCONTRES AU SILA D’ALGER

 J’avais fait une première rencontre de Lazhari Labter[1] à l’occasion d’une signature qu’il effectuait à Tizi Ouzou en compagnie de Youcef Merahi[2]. Ensuite, je les ai revus tous deux au « Maghreb des livres »[3] à Paris. Là, Youcef m’a signé son dernier roman où il décrivait sévèrement les villes d’Algérie[4] : « Ce ne sont plus des villes. Ce sont des léproseries. Tout va en lambeaux. Les immeubles pèlent. Les trottoirs pètent… » (voir dans les Coups de cœur). Il m’a conseillé d’aller voir Lazhari qui signait son recueil de textes, un petit livre de jolis textes courts, des tranches de son enfance pauvre mais lumineuse dans une oasis[5]. Je lui ai parlé de ce que je venais d’écrire après mon voyage en quête de Jean Boudou « par-delà le Grand fleuve ». Il m’a prié de le lui envoyer, a décidé très vite de l’éditer, et je me suis retrouvé invité au Sila (salon international du livre d’Alger) en automne 2010. J’ai confié mon étonnement dans un feuillet publié dans l’Humanité (le 4 novembre 2010), étonnement de voir des Algériens et Algériennes se précipiter sur ce livre d’un auteur français[6] évoquant l’odyssée algérienne d’un coopérant, aussi écrivain en occitan durant les années 60-70. Dans le stand de LL (la maison d’édition de Lazhari), j’ai fait aussi connaissance de son fils Amine Labter, caricaturiste de talent[7] et garçon aimable ainsi que de sa « fiancée », illustratrice délicieuse[8] et de sa petite sœur Mériem, apprentie journaliste.  Une autre Algérie avec laquelle, depuis, je reste en contact…

[1] Poète et editeur
[2]
Ecrivain, secrétaire général du Haut commissariat à l’amazighité où il fait éditer des textes en berbère.

[3] Salon des livres publiés au Maghreb ou en traitant, organisé par l’association Coup de soleil.
[4]
Je brûlerai la mer, Youcef Merahi (Casbah Éditions, 2009).
[5]
La Cuillère et autres petits riens, Lazhari Labter (éd. Lazhari Labter, Alger 2009 ; éd. Zellige, Paris 2010).
[6]
En Algérie sur les pas de Jean Boudou, Ed. Lazhari Labter, à paraître en France aux éditions Vent Terral en 2011.
[7]
Amine Labter publie actuelement dans Algérie News.
[8]
  Nechwa Djeghri qui a signé dans L’Arbre aux pièces d’argent (adaptation pour enfants d’un texte de Lazhari).

Une librairie aux champs : « Des liVres et vous » à Sarrant (Gers).
Les 10 ans de la librairie "Des livres et vous" seront fêtés sur place à Sarrant (32) la fin de semaine des 3 et 4 juillet 2010.

À LA RECHERCHE DU TEMPLE PERDU (extraits). …Un jour, ma voisine m’ayant parlé d’une librairie en plein Gers, je quittai la ville rose et noire pour aller voir cette merveille. On m’aurait dit « une librairie en plein vent », que cela ne m’eût pas plus étonné. Une librairie aux champs, alors que celles de la ville ferment, quelle étrangeté !
Il faut dire qu’une librairie, aux champs ou à la ville, j’entends une vraie librairie, pas un supermarché du bouquin, c’est déjà aujourd’hui une étrangeté en soi. Quoi, vous allez vous déplacer, vous aller passer du temps et de la fatigue à saisir et feuilleter des volumes qui puent l’encre, quand ce n’est pas la poussière ? Mais de quel siècle êtes-vous donc, alors qu’il est si jouissif de se fixer de nos jours devant un ordinateur ! Ah, taper sur les touches, lorgner l’écran et tripoter la souris frénétiquement, tout ceci en solitaire comme Onan !... Quand j’atteignis enfin, après maints tours et détours, un bled si perdu dans la géographie qu’il semble aussi perdu dans l’histoire. Des maisons en terre, des venelles si étroites qu’on n’y peut passer un carrosse, et pas le moindre estaminet pour éviter la mort de soif ! Et c’est alors que, je vécus la chose la plus extraordinaire. Figurez-vous qu’en plein milieu de ce bled perdu, je me trouvai soudain face à une chose étrange. Je n’en crus d’abord pas mes yeux. Une grange se dressait, béante. Et ses entrailles recélaient, je vous le donne en mille, des livres ! C’était, oui, c’était-elle, la librairie aux champs ! À la recherche du temple perdu, loin de la civilisation du bruit, de l’informatique et du marché réunis, j’atteignais enfin le but, le grésail, comme les occitans disent du graal…

ADIEU AUX MUSICIENS
Parmi les musiciens avec lesquels j'ai travaillé, le mauvais sort a voulu que deux d’entre eux soient déjà décédés. Voici un hommage à chacun d’eux.

À Miguel Miranda

Miguel,[1]
Un des plus beaux souvenirs de ma vie, c’est d’avoir travaillé avec toi aux récitals de poésie en musique :
Par-delà le grand fleuve et Chanson d’amour de loin. Nous les avons créés à Vénissieux et donnés ensemble dans toute la région durant les années quatre-vingt dix. Tu vivais ces projets avec foi et talent. Ta jeunesse, tu avais l’âge de mes filles, donnait une sorte d’estampille qui me semblait nous garantir contre le ringardisme.
De toi, je ne savais que très peu. Tu m’avais raconté comment la vie t’avait déjà blessé en emportant des camarades dans un accident. Je te sentais en quête de toi parmi tout ce que tu savais et pouvais faire, prompt à rompre quand tu avais le sentiment d’être mal ou trop peu reconnu, louvoyant souvent entre tes qualités artistiques et ta volonté de gagner ta vie dans l’informatique. En beaucoup de choses tu excellais, amitié, sport, musique, peinture et je ne savais jamais vraiment où tu te trouvais. En amour aussi, je croyais le deviner malgré ta discrétion, tu as beaucoup navigué sur ton bateau ivre, te heurtant sans doute à bien des récifs. Quand tu es parti, je ne me suis guère étonné. Tu étais pour moi de la race des émigrés permanents qui se donnent à fond là où ils sont et puis un jour s’en vont. Peut-être est-ce tout simplement ce que tu viens de faire par ton dernier geste. Je regrette de n’avoir pas su te retrouver là où tu étais car nous avions encore peut-être des choses à dire et à faire ensemble. En tout cas, ce geste donne pour moi du sens. Il nous alerte un peu plus sur ce temps qui ronge insidieusement en nous l’envie de vivre. Salut Miguel, je t’aime.

À Sergio Ortega :

Sergio[2],
Lorsque nous nous rencontrâmes par l’entremise de ma compagne Marianne, je n’en croyais pas mes yeux et mes oreilles, que l’auteur de la musique du fameux
El pueblo unido jamas sera vencido, ayant emporté nos enthousiasmes dans les années soixante-dix, voulût bien travailler avec moi pour créer une cantate contemporaine. Le Trésor magnifique, c’est toi qui en as choisi le titre en t’emparant d’un de mes vers. Tu t’engageas dans l’histoire avec enthousiasme, ne rechignant pas à te rendre plusieurs fois dans le Lyonnais à la rencontre des chorales populaires qui allaient chanter tes notes. Avec toi, l’aventure fut lumineuse, tant tu mis d’énergie dans cette oeuvre pour voix et instruments, dont tu partageais et démultipliais la tonalité du texte « tiers-mondiste », et qui devait, voulais-tu, « faire trembler les libéraux mondialistes », comme jadis ton El pueblo unido… composé pour Salvador Allende,fit trembler les capitalistes chiliens et yankees. Tu conseillas avec patience les choristes, parfois déroutés par tes accents puissants, toi qui, ne craignant jamais de déchoir, enseignais même aux illettrés de la musique ! Et nombreux étaient ceux, et surtout celles que tu enchantais. Car tu prenais la musique à la fois comme une histoire d’amour et comme un combat de lumière. Grâce à toi, je crois que, avec les centaines de choristes du lyonnais et avec leurs chefs[3]
, nous avons adoré cette histoire et gagné ce combat. Merci, Sergio, de tous ces souvenirs et bon vent sur les routes où tu vogues sans doute pour toujours, entre Amérique et Europe, toi dont le continent était le monde entier.
Sergio, nous t’avons tous aimé.

(1) Lettre posthume au guitariste Miguel-Oscar Miranda, lue à ses obsèques en 2004 par Thierry Renard (éditeur chez La Passe du vent).
(2)Sergio Ortega, chilien installé en France depuis le coup d’état de Pinochet, compositeur, notamment d’opéras comme Splendeur et mort de Joachim Murieta (texte de Neruda) et professeur au conservatoire de Pantin (93), compositeur de la musique du Trésor Magnifique, est décédé en 2003.

(3)Pour cette production du SICAC (syndicat intercommunal d’action culturelle) créée en 2000 à l’auditorium de Lyon et reprise dans diverses salles de la région, le chef était Pierre Vallin, assisté des chefs de chorales : Francis Jaquet, Daniel Piotin, Christian Michon, Simone Payet, Dominique Therry et Jean-Pierre Bavut ainsi que des choristes.

RENCONTRE D’UN EDITEUR REFUGIÉ : BOUCHÈNE (extraits)
.
…Un temps vendeur de vêtements, Abderrahmane Bouchène ouvrit une librairie très en vue dans les années 80 au centre commercial algérois de Riad el Feth. Figure de proue d’une autre politique privée du livre, il éditait rien moins que des romans classiques algériens, des "Que- sais- je", des beaux livres et aussi des ouvrages politiques dont le fameux : L’Affaire Mecili qui lui a valu des difficultés avec les généraux et leurs services… La question de la langue était un véritable front où éditer en Français tenait de l’offensive et mettait à l’index.  En première ligne, il a fallu, comme beaucoup d’autres intellectuels, s’échapper (en Tunisie) pour échapper un jour in extremis aux exécutions d’un intégrisme fascisant. C’est peu après qu’Abderrahmane, arrivant en France avec femme et enfants, s’est appuyé sur un réseau d’amis pour refonder en 1998 ses activités éditoriales. Un tel exil est tout sauf une défaite dans la situation de l’édition en France et sur l’échiquier méditerranéen de l’Ouest. « Il faut aller au-delà du non dit, donner aux Algériens une connaissance de soi ! » martèle-t-il, et pour cela « re-explorer la réalité de l’Algérie. » C’est ce qu’il fait, entre autres avec La Kabylie et les coutumes kabyles de Hanoteau et Letourneux, une somme en trois tomes… Parmi les ouvrages « exhumés » du patrimoine maghrébin que cet homme a la lucidité prémonitoire de ne pas laisser en pâture aux idéologues prédateurs « nationaux », on retrouve Les Chevaux du Sahara par Abdelkader… Tout un symbole, que ce gamin d’Alger, aujourd’hui établi dans une banlieue de Paris, ayant croisé Kateb Yacine préfaçant le livre d’Ismaël Aït Djafer (Complainte des mendiants arabes de la Kasbah et de la petite Yasmina tuée par son père)  qu’il publia, ainsi que Charlot, son collègue d’Alger, éditeur de Lorca et découvreur de Camus. Avec des gens de cette trempe, on maintient la passion pour l’Algérie, rugueuse jusqu’à l’écorchure mais, qu’on le veuille ou non, métissage fécond.

RETROUVAILLES AVEC UN PEINTRE POETE : Hamid TIBOUCHI.
Hamid est un ancien élève en Algérie. Il vit en France et est devenu peintre et poète.
Il vient de donner des dessins pour illustrer le dernier N° spécial des Lettres Françaises : "L'Algérie aujourd'hui".
Lire mon coup de coeur pour un de ses ouvrages dans la liste des Coups de coeur.